Origine des fées
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Origine des fées :
Naissance d'une mythologie

Expliquer l'origine des fées a toujours suscité de nombreux débats dans les communautés d'historiens, d'archéologues, d'ethnologues, d'écrivains ou de folkloristes. La théorie la plus largement reconnue voit dans les fées la survivance des esprits et divinités mentionnés dans les croyances païennes, notamment celtiques et greco-romaines, dont la nature s'est trouvée modifiée avec l'avènement du monothéisme (principalement le christianisme en Europe), diabolisant ou rationalisant ces créatures. Ainsi, dès le VIème siècle, Martin DE BRAGA (né entre 510 et 520, mort le 20 mars 579), prélat catholique et écrivain ecclésiastique, dit que les esprits des arbres et des eaux sont des démons chassés du ciel.
Les fées seraient donc passées de la religion au folklore populaire et à la littérature. Une preuve réside dans le fait que bon nombre de divinités des anciennes légendes sont désormais dépeintes comme des fées, en particulier dans les écrits les plus récents.
De plus, la confusion entre fées et déesses était fréquente au Moyen Age : les fées des récits médiévaux ressemblent beaucoup à la déesse antique Vénus, mais surtout à Diane (déesse de la lumière et du monde sauvage) qui partage bon nombre de leurs attributs (notamment le lien à la nature). Les fées partagent aussi les attributs des nymphes, dryades et dames de la mythologie celtique (comme Niamh). Les pouvoirs attribués aux fées (divination ou guérison par exemple) sont souvent considérés comme d'origine divine.
Nous pouvons également citer Claude LECOUTEUX, Professeur des Universités françaises spécialisé dans les études médiévales allemandes, qui voit dans les Valkyries et les femmes-cygnes l'origine d'une partie des fées germaniques.
Pour Alfred MAURY (1817-1892), érudit français, les divinités liées au Destin (Parques, Nornes et Sybilles) sont les ancêtres des fées françaises.

Certains chercheurs font remonter l'origine d'au moins une partie des fées à la personnification de l'Eau. En effet, des créatures proches de l'archétype de la Fée de l'Eau sont universellement présentes dans la mythologie d'Europe occidentale. Ces créatures ont la particularité d'habiter des demeures semblables à celles des humains, mais situées sous les eaux : on voit bien ici le lien avec la notion de monde parallèle. Les créatures de l'Eau issues de la mythologie germanique, ondines ou nixes par exemple, sont clairement à l'origine des fées germaniques. Ces créatures et fées de l'Eau pourraient être issues de la crainte et de la terreur de l'Homme envers cet élément, conduisant donc à son anthropomorphisation.
Durant l'époque victorienne, les croyances mythologiques voulaient que toutes les divinités soient des personnifications des forces naturelles. A cette époque, les fées sont donc à la fois des personnifications de la nature, mais aussi des allégories de concepts abstraits (amour ou victoire par exemple).

D'autres théories lient les fées au souvenir d'un type de culte des morts, s'appuyant sur la confusion, dans un certain nombre de croyances et de légendes, entre les fantômes et les fées. D'autres chercheurs voient dans les fées un souvenir des druidesses des Temps Anciens.

Une croyance plus rare voit dans les fées des êtres humains, mais des êtres humains cachés. Un conte populaire raconte d'ailleurs comment une femme avait caché certains de ses enfants du regard de Dieu, puis se mit à les chercher en vain car ils étaient devenus des fées. L'histoire des Huldres scandinaves présente un fort parallèle, car ces fées sont réputées d'origine humaine. Enfin, en Irlande, les fées sont considérées comme les enfants qu'Adam et Eve n'ont pas présentés à Dieu.


Huldra's Nymphs - Peinture de Bernard Evans WARD (1909)

Une dernière idée répandue parmi les nations celtiques parle de l'existence d'un peuple de petite taille, peu à peu chassé par l'Homme et condamné à vivre dans la clandestinité. Les membres de ce Petit Peuple en seraient venus à être considérés comme des fées. Ces dernières sont réputées vivre sous terre, cachées dans les collines (notamment dans les tumuli), ou encore de l'autre côté de la mer (à l'ouest). Les vêtements verts et les demeures souterraines attribués aux fées sont interprétés comme une réponse à leur besoin de se cacher des humains hostiles, et leur utilisation de la magie comme le développement d'une aptitude nécessaire pour lutter contre la force et les armes destructrices de l'Homme.

La mythologie liée aux fées a donc des origines diverses, qui varient en fonction des cultures et des points du globe sur lesquels on se trouve. Ces origines diverses expliquent les différentes représentations des fées dans le monde.

Ainsi, selon la conception française et germanique, les fées sont des êtres féminins dotés de pouvoirs surnaturels influant sur la destinée humaine. Laurence HARF-LANCNER, Professeur de littérature du Moyen Age à l'Université Sorbonne Nouvelle, propose la définition de « femme surnaturelle, habitante d'un Autre Monde qui délaisse son lointain royaume pour s'intéresser de près aux affaires des mortels et diriger leur destinée ». L'Elficologue Pierre DUBOIS, spécialiste français du sujet, les présente comme des marraines, devineresses et enchanteresses représentant les forces de la nature, bien distinctes des elfes et des lutins, esprits masculins, souvent farceurs pour ces derniers. Bien qu'il considère les fées comme féminines, il mentionne aussi des hommes-fées (ou « féetauds ») dont parlait Paul SEBILLOT (1843-1918), ethnologue, écrivain et peintre français. Dans les croyances germaniques, elles-mêmes influencées par des emprunts à la littérature celtique et romane, Claude LECOUTEUX distingue trois types d'êtres surnaturels : les fées, les nains et les géants.


L'Oiseau Bleu - Image d'Epinal (XIXème siècle)

Dans la culture anglo-saxonne, la notion de fée est différente : pour la spécialiste anglaise Katharine Mary BRIGGS, le mot fairies peut décrire toute créature magique (un cheval-fée ou une biche-fée par exemple), l'ensemble du Petit Peuple, ou un type spécifique de créatures plus éthérées.


Spirit of the Night - Peinture de John Atkinson GRIMSHAW (1879)

Enfin, le concept de fée existe aussi dans les cultures non-occidentales. En Malaisie, sous le nom de pari-pari (en malais) ou peri (en indonésien), on retrouve des créatures liées à la nature, exquises, ailées, entre les anges et les esprits maléfiques, qui visitent parfois le royaume des humains, et qui viennent en aide aux personnes dotées d'un cœur pur. Les créatures liées à la mythologie shinto (littéralement « la voie du divin ») et au folklore japonais, telle que le kappa (« garçon de la rivière »), sont également très proches des fées et remplissent les mêmes fonctions, tout comme Matergabia et les Poludnitsa de la mythologie slave, ou encore les Suchi du Pakistan.


Kappa - Dessin (1836)


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